La corrida de rejon, le plus d’éventrations chez les chevaux, de retour à Méjanes le 14 juillet

Pour le domaine Paul Ricard de Méjanes, le Rejon d’Or, 14 juillet, “est un show grandiose dans les arènes mythiques du Domaine de Méjanes, construites en 1955 par Paul Ricard, une grande fête consacrée à la passion des chevaux et des taureaux.”

Pas vraiment, une fête, ni pour les taureaux, ni pour les chevaux.

La corrida de rejon est la forme qui provoque le plus de victimes par éventration chez les chevaux. De fait, le cheval joue le rôle de bouclier entre le taureau et le rejoneador (l’équivalent du matador).

Il est difficile de donner une estimation du nombre de chevaux éventrés lors de corridas de rejon, beaucoup étant mortellement blessés lors des entraînements, à l’abri de tout témoignage photographique. Parmi les cas les mieux documentés de ces dernières années lors de séances publiques, on peut citer un cheval de Leonardo Hernandez à Bayonne en 2001 et un autre, Xelim, monté par Rui Fernandes à Séville en 2012. Ils sont loin d’être les seuls puisqu’il y a des victimes tous les ans.

Soulignons que lorsqu’un cheval est éventré lors d’une corrida de rejon, son cavalier en fait aussitôt entrer un autre pour continuer sa prestation. Dans le cas de Rui Fernandes, on voit même le public et le cavalier rire largement quand Xelim s’enfuit avec ses tripes pendantes entre les pattes avant de succomber.

Cette réaction est considérée comme normale, comme le montre le roman Mort dans l’après-midi d’Ernest Hemingway, paru en 1932, où l’auteur aficionado raconte à quel point il trouve drôle l’éventration d’un cheval lors d’une corrida :
« Lors de la tragédie d’une corrida, le cheval est le personnage comique. […] Le comique chez ces chevaux, ce n’est pas leur mort […] mais les accidents étranges et burlesques qui leur arrivent.
Il n’y a certes rien de comique à voir un animal se vider de ses viscères, mais si cet animal, au lieu de faire quelque chose de tragique, de digne, galope comme une vieille servante raide autour de l’arène avec une traîne qui est l’inverse d’une nuée glorieuse, il est aussi comique avec ce qu’il traîne que lorsque les clowns Fratellinis font un spectacle burlesque dans lequel les viscères sont représentées par des rouleaux de bandages, des saucisses et autres.
Si ces derniers sont comiques, le cheval l’est aussi ; l’humour est basé sur le même principe.
J’ai vu ça, des gens qui courent, des chevaux qui se vident et leur dignité qui part en morceaux dans les éclaboussures et le traînage de ce qu’ils ont de plus intime, en une forme de tragédie complètement burlesque.
J’ai vu ces, appelons-les étripaillages, c’est le pire mot possible, et lorsqu’ils se produisent, ils sont très drôles. »

Devant autant d’ignominie, on ne peut qu’être effaré par la cruauté de cet écrivain par ailleurs tourmenté toute sa vie par une grave pathologie qui l’a conduit au suicide et qui explique sous bien des aspects son attirance pour la noirceur de la barbarie tauromachique. Cela lui causait entre autres une impuissance chronique et de la confusion mentale. Et les aficionados se vantent de l’avoir comme “référence”…

Pauvres taureaux, pauvres chevaux…