Lunel, l’art contre la torture animale

Une équipe de militants de No Corrida s’est rassemblée à Lunel le 29 septembre 2018 pour montrer son opposition symbolique à l’inauguration de nouvelles arènes qui ont coûté 10 millions d’euros d’argent public aux contribuables, sans compter 390 000 euros rien que pour le weekend d’inauguration proprement dit, une somme entièrement prélevée sur les impôts locaux des Lunellois.

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Notre protestation a pris la forme d’un happening, différent de ce qui se pratique habituellement puisqu’il n’était pas statique. Certains éléments importants des tercios qui composent une corrida ont été mis en scène et joués par des acteurs, en l’occurrence des actrices. Le déroulement de l’action a été conçu, mis en scène et dirigé par une militante, professionnelle du théâtre, qui a dirigé une école d’art dramatique et enseigné cette discipline pendant vingt-cinq ans.

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Précisons, puisque cela a échappé à un journaliste local qui a jugé bon de mettre en avant un soi-disant manque de mobilisation, que notre action n’était pas une manifestation, mais bien un happening, donc avec un nombre volontairement limité de participants. L’objectif n’était pas de rallier des militants (déjà convaincus) ni d’affronter des aficionados (déjà convaincus aussi), mais d’informer les badauds et autres touristes, souvent vierges de connaissances sur la réalité des fameux tercios, ici explicités lors de cette mise en scène. D’ailleurs, nous n’avons rendu notre action publique sur les réseaux sociaux que 48 heures à l’avance, la sélection des personnes présentes ayant déjà eu lieu par contacts directs. Deux groupes ont été formés : les personnes prenant une part active à la mise en scène d’une part et les personnes chargées de tracter à proximité d’autre part.

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Nous avons obtenu d’être installés à cent mètres à peine des arènes, au bord d’un rond-point desservant entre autres une avenue conduisant au parking de l’édifice flambant neuf. Le déroulement de l’action a été joué à trois reprises entre 14 h 30 et 17 h. En plus des deux actrices principales, six figurantes tenaient à l’arrière-plan en arc de cercle une banderole et des panneaux montrant les mêmes séquences que celles jouées mais en vrai, grâce à des photos exposant la cruauté innommable de ce que subissent les taureaux ou les veaux lorsqu’ils sont transpercés par des piques, des banderilles, des épées et, pour finir, des poignards. Cela mettait en évidence, et au sens propre en perspective, toute la différence entre l’art (notre mise en scène) et la réalité (la corrida), qui ne peut en aucun cas être considéré comme de l’art puisqu’il s’agit d’un supplice réel, ritualisé dans tous ses détails, avec pour seul but de conduire un animal à sa mort.

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Au niveau du jeu de scène, l’accent était mis sur plusieurs aspects importants. Le torero se comportait de façon non seulement cruelle, mais aussi grotesque, esquissant des pas de danse avec une autosatisfaction imbécile pour attirer les applaudissements des spectateurs qui ne veulent voir qu’une chorégraphie là où il y a une agonie. Le taureau exprimait de façon claire son incompréhension au début du face à face avec son tortionnaire, puis sa souffrance, son essoufflement et son désespoir grandissant jusqu’à sa mise à mort. Lors de l’enchaînement des postures, certains plans fixes étaient réalisés, comme si le temps se figeait lors des différentes phases cruciales.

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Merci à tous les militants présents et, en particulier, à Dominique (le taureau), Françoise (le torero) et Chantal (l’auteur – metteur en scène – directrice artistique du happening), ainsi qu’aux figurantes et aux personnes qui ont tracté.

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Le lendemain de cette action, nous nous sommes retrouvés en petit nombre pour aller faire un tour à l’intérieur des arènes, avec nos t-shirts qui affichaient sans ambiguïté notre opinion sur la torturomachie.

Roger Lahana
avec les contributions de Catherine Martin et Dominique Arizmendi

Bonus ! Quelques photos pendant les pauses ou la mise en place :

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