Arles : débandade ou tour de passe-passe ?

jalabert-passe-passeLa corrida : une activité rentable et vitale pour le tissu économique local. Ce mensonge nous a été servi autant de fois que la fadaise consistant à considérer la torture d’un bovin à l’arme blanche comme un acte culturel.

Depuis deux ans, nous mettons en valeur les performances économiques des sociétés relevant du secteur torturomachique, que ce soit à Nîmes, Arles ou Béziers, sociétés qui se livrent une concurrence acharnée pour obtenir le titre de meilleur fraudeur ou celui de plus gros bide financier. Soulignant systématiquement que sans l’apport d’argent public et la rétention de TVA pratiqués depuis des années, ces structures auraient mis la clef sous la porte depuis belle lurette.

Les flots de millions d’euros d’argent public ne leur permettant pas d’être florissantes mais de ralentir leur inexorable chute, l’inconnue, depuis le début, était donc de savoir laquelle d’entre elles tomberait la première.

Nous avons la réponse depuis le 4 novembre dernier. En effet, il s’agit de la date de mise en liquidation judiciaire de la société arlésienne des frères Jalabert qui ne s’est pas remise de son dernier exercice clôturé, où elle a réalisé une perte sèche de plus d’un demi-million d’euros.

En état de cessation de paiement malgré près de 500 000 € de TVA conservés illégalement dans ses caisses et quelque 200 000 € de subventions publiques obtenus ces 4 dernières années, la SAS Jalabert Frères ne pouvait connaître d’autre sort.

L’épilogue de ce fiasco financier prête cependant à discussion, d’autant que, comme nous l’avions déjà évoqué, la société des frères Jalabert a perdu en 2016 la délégation de service public de la ville d’Arles qui leur octroyait l’organisation des corridas, au profit d’une autre société où les associés ne sont autres que les enfants Jalabert, dont Jean-Baptiste, auteur récurrent de sévices graves et d’actes de cruauté au sein des arènes.

La question est donc : la SAS Jalabert Frères s’est-elle retrouvée en liquidation judiciaire suite au recouvrement par le fisc de la TVA fraudée, ou cette liquidation a-t-elle été provoquée volontairement pour ne pas avoir à rembourser, partiellement ou totalement, le Trésor public ?

Une question à laquelle l’administration fiscale pourrait apporter une réponse, elle qui a gardé systématiquement le silence à chaque preuve de détournement de TVA que nous lui avons fait parvenir ces dernières années.

David Joly
Trésorier de No Corrida

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