Vox dépose une proposition à l’Assemblée demandant le remboursement des corridas annulées en Espagne

Le parti d’extrême-droite espagnol Vox soutient l’ANOET (association des organisateurs de corridas) et la FTL (fondation taurine espagnole) et demande “au gouvernement de rembourser les spectacles annulés”. Pablo Sáez, député Vox de Valladolid, souligne qu’il s’agit d’une mesure incluse dans “le document que l’association a envoyé au ministère de la Culture“.

Vox a présenté ce vendredi à l’Assemblée des députés une proposition non législative “concernant l’adoption de mesures pour protéger le secteur taurin contre l’épidémie de coronavirus“. Dans le document signé par plusieurs parlementaires de la formation menée par Santiago Abascal, la situation de la tauromachie est analysée, ainsi que sa contribution économique et les pertes dérivées de la pandémie de Covid-19 qui a mis à terre toute l’économie espagnole. Aligné avec l’ANOET, présidée par Simón Casas, et la Fundación Toro de Lidia, Vox “exhorte le gouvernement“, entre autres propositions, “à rembourser les spectacles annulés“, comme l’exige le texte publié par ces deux organisations.

Pablo Sáez, député de Valladolid, a déclaré à El Mundo qu’ils avaient demandé cette mesure car elle était “incluse dans le document qu’ANOET a envoyé au ministère de la Culture“. Pour Sáez, c’est “un moyen de soutenir le secteur, de lui donner de l’oxygène financièrement, afin qu’il puisse continuer à organiser des spectacles au cours des années successives. Il y a maintenant de nombreux abonnements et billets vendus. C’est un moyen important d’aider les organisateurs de corridas en injectant de la liquidité“, ce qui leur permettrait de couvrir leurs pertes.

Exonérations fiscales

Vox demande une “exonération à 100%” des cotisations sociales “pour les entreprises du secteur” qui ont suspendu leur activité. Valence, Castellón, Madrid, Séville, Arles et Nîmes ont annulé des corridas et des ferias. Vox calcule que “le trimestre en blanc” laissera “environ 200 millions d’euros” de pertes.

C’est en ligne avec les propositions que nous avons déjà faites de la part du parti pour sauver les petites et moyennes entreprises, les indépendants. C’est important car c’est un secteur qui compte beaucoup d’indépendants. Il y a beaucoup de PME qui gèrent des lieux qui ne sont pas de première catégorie et méritent des mesures fiscales importantes“, explique Sáez.

La formation d’extrême-droite demande également dans le document d’adopter des protocoles “pour maintenir les spectacles taurins avec les garanties et les mesures préventives nécessaires vis-à-vis du coronavirus“. Dans l’exposé des motifs, elle décrit “le coût quotidien de la garde du bétail sauvage” et estime que les éleveurs “dépenseront près de 30 millions d’euros sans obtenir de revenus provenant de la vente d’animaux pour leur combat sur les places“.

“200 000 emplois”

On ne peut pas abandonner une activité qui génère autant“, explique le député. “La tauromachie est essentielle au développement économique des zones rurales. Maintenant que le gouvernement a tant insisté sur la question du dépeuplement, la tauromachie est très importante : elle fixe la population et produit de la richesse“.

Enfin, Vox demande à l’exécutif de la coalition dirigée par Pedro Sánchez “de reporter les exigences de coûts pour le secteur des affaires taurines, telles que la couverture sanitaire et vétérinaire“.

D’après les données fournies par l’association des organisateurs de corridas, Vox affirme que la corrida en 2013 a eu un impact économique de “0,16% du PIB“, soit “1 604 216 euros“, rappelant que “pour chaque euro payé pour des corridas, 2,80 euros ont été générés dans le système économique.” Cette activité, selon les chiffres d’ANOET cités par Vox, “génère 200 000 emplois“.

Source : El Mundo (en espagnol)
Adaptation en français : RL