Cyril Juglaret, le Tartarin d’Arles qui piétine la démocratie

Cyril Juglaret est conseiller municipal d’Arles (LR), après avoir échoué à en devenir le maire en 2014. Cela ne nous intéresserait pas spécialement s’il n’était pas aussi – et avant tout – un aficionado viscéral, au point d’en oublier que la ville dont il convoite le poste de numéro un aux prochaines élections municipales fait encore partie de la France et que, de ce fait, la liberté d’expression y est garantie comme partout ailleurs sur notre territoire.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions (Déclaration des Droits de l’Homme)

Rappelons à M. Juglaret les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme, socle de notre Constitution, de nos lois et de nos règlements :

Article 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.

Article 11
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Précisons à l’attention de M. Juglaret qui, de toute évidence, ignore totalement la portée de ces deux articles, que le seul cas qui empêcherait à une organisation quelconque (au hasard, une association anticorrida) de s’exprimer sur la voie publique de façon dûment déclarée, ce serait de pouvoir établir que cette expression  de notre opinion causerait un “trouble à l’ordre public”.

Or, pour M. Juglaret, le simple fait d’être anticorrida constitue déjà un insupportable trouble à l’ordre public. Sauf que le trouble à l’ordre public n’est pas quelque chose que M. Juglaret a le droit de définir suivant son bon vouloir. Notre droit administratif précise de façon très claire quelles sont les situations relevant du trouble à l’ordre public : ivresse, exhibitionnisme, manifestations entraînant des dégâts sérieux sur le voisinage (vitrines cassées, émeutes, vandalisme, etc.). Et là, manque de bol pour sa vision intégriste de ce qui est permis et de ce qui ne l’est pas, nos stands et autres actions à Arles ne sont jamais entrés dans aucune de ces catégories depuis plus de quatre ans qu’il s’en tient tous les mois.

Précisons que No Corrida est apolitique comme toutes les associations et n’appelle pas à voter pour un candidat en particulier. Notre seul combat est celui visant à obtenir l’abolition de la corrida de façon légale. Cela dit, il faut bien reconnaître que ce candidat fait preuve envers nous de malveillance voire d’hostilité ouverte et ce, pour la seconde fois.

Pendant longtemps, les structures cylindriques riches en vaisseaux circulent normalement jelly pharmaciefrance24.com dans les vaisseaux sanguins, que ce soit de manière virtuelle.

Des menaces qui ressemblent à des tartarinades

Après nous avoir menacés assez agressivement voici quelques mois que quand il serait maire – quand ou si ? – nous n’aurions plus le droit de faire notre stand mensuel au marché d’Arles, Roger Lahana lui avait répondu que la Constitution nous y autorisait. Cela ne l’avait pas fait changer d’avis pour autant.

Aujourd’hui, il nous a prévenus que quand il sera maire – décidément ! – il fera passer un arrêté municipal pour nous interdire le marché et nous envoyer au bout de la ville, là où personne ne passe et que comme les tribunaux sont très occupés, ça prendrait au moins deux ans et qu’il savait de quoi il parlait, puisqu’il était juriste !

Bigre…

Visiblement, et nous l’avons su dès le départ, notre présence mensuelle depuis 4 ans et demi, perturbe certains dans Arles, ville taurine. C’est d’ailleurs surtout le nombre croissant de personnes venant signer notre pétition, se renseigner, parler, dénoncer, nous encourager et nous féliciter qui les dérangent.

Ne le répétez pas à M. Juglaret, mais s’il savait le nombre d’Arlésiens, de Camarguais qui se lâchent avec nous maintenant, nous répétant stand après stand, que non la corrida n’est pas leur culture ni leurs traditions et que celles de la Camargue n’ont rien à voir avec celles importées illégalement d’Espagne il y a un peu plus d’un siècle et demi.

Trouble à l’ordre public ou liberté d’expression ?

M. Juglaret élu maire fera-t-il recouvrir, sur le mur de l’Office du Tourisme, la fresque sur laquelle on voit les visages de Tignous, Wolinski, Charb et Cabu ? Car non seulement les Charlie étaient engagés pour la liberté d’expression mais ils militaient tous, sans exception, contre la corrida. Trouble à l’ordre public ou respect de la liberté d’expression ?

En fait, ce monsieur nous fait grand plaisir : si on le dérange à ce point (et sans causer le moindre début d’ombre de trace de soupçon d’émeute), c’est que cette aficion voit sa fin arriver et ce malgré les corridas dites “de bienfaisance”, malgré les écoles taurines subventionnées par nos impôts, malgré les places gratuites pour les enfants dans les arènes, malgré les places à prix réduits pour les jeunes dans ces mêmes lieux de torture animale, malgré le racolage dans les quartiers, les centres sociaux, les écoles, les garderies, crèches, hôpitaux, centres aérés, tous transformés en lieux de propagande éhontée, malgré leurs mensonges, manipulations et autres tricheries.

Dominique Arizmendi et Roger Lahana