Le nouveau ministre de la Culture espagnol déteste la corrida

Un fantastique espoir est né aujourd’hui en Espagne : le nouveau ministre de la Culture est anticorrida.

Le 1er juin dernier, le premier ministre Mariano Rajoy était destitué à la suite d’une motion de censure déposée par les socialistes pour protester contre les nombreuses affaires de corruption qui touchent différents responsables du Partido Popular. Le 5 juin, il annonçait qu’il quittait également la tête du PP. Suite à sa chute, un nouveau premier ministre venu des rangs du PSOE était désigné, Pedro Sanchez.

maximhuerta

Maxim Huerta pendant une manifestation contre le toro de la vega

Le PSOE a toujours eu une position partagée en ce qui concerne la tauromachie. Un certain nombre d’élus de ce parti sont procorrida et les autres, anti. Pedro Sanchez a déjà, dans le passé, exprimé une opinion nettement anticorrida, mais a reculé par la suite sous la pression d’autres personnes du PSOE. Le suspense était donc total sur le choix qu’il allait faire pour nommer son nouveau ministre de la Culture (en Espagne, c’est de ce ministère que dépend la tauromachie).

Divine surprise : il s’agit de Màxim Huerta, qui n’a jamais mâché ses mots pour dire son aversion de la barbarie tauromachique. Il est même allé jusqu’à manifester aux côtés de PACMA contre le “toro de la vega”. Très actif sur Twitter, il a déclaré : “Je n’aime pas trop voir la souffrance se mêler aux applaudissements“. Et il ajoute qu’on n’est plus en mai 68 pour appliquer le slogan “il est interdit d’interdire” aux corridas et qu’il y a bien des sujets qu’il est utile d’interdire.

maximhuerta TW

Dans un article qu’il a publié au sujet du “toro de la vega”, il a écrit :

Nous avons dû supporter encore un an le toro de la vega avec la justification que “c’est la tradition, vous entendez”. Je ne vais pas demander au taureau ce qu’il en pense. Je l’imagine. Je sens bien ce qu’il pense des festeros heureux qui courent en hurlant avec leurs lances à la périphérie de la ville. C’est l’acte le plus stupide et brutal de ce pays et certains invoquent la culture. Et ça continue comme ça. Grossier et stupide […]

Le sadisme de la mort et les applaudissements. Le sang et le vin. La cruauté et le rire. Non, je ne comprends pas.

En attendant, les politiciens lancent des ballons sans agir contre les mauvais traitements car ils débattent encore sur la tradition. Les animalistes risquent leur vie en manifestant sur place, pas juste sur les réseaux sociaux. Les journalistes endurent des agressions et cachent des caméras et des micros pour pouvoir informer. […] Je pense à toutes ces justifications absurdes qui sont données pour maintenir la “culture” et je ris. En fait, c’est faux. Je me sens particulièrement désolé.

A suivre de très près !

Roger Lahana

Certaines informations de cet article proviennent du média en ligne Applausos.