La feria di pichoun de Saint-Martin-de-Crau, histoire d’un dévoiement tauromaniaque 

C’est en 2003 qu’a lieu la première “feria di pichoun” (fête des enfants) à Saint-Martin-de-Crau. A l’époque, les enfants des écoles étaient invités à une mini course camarguaise, le vendredi de la feria. Auparavant, des razeteurs venaient dans les classes expliquer la culture camarguaise : quelles sont les spécificités des taureaux de Camargue, en quoi consiste la course camarguaise, qu’est-ce qu’un razet, etc.

Les Camarguais, même s’ils utilisent les taureaux dans des jeux taurins ou des courses camarguaises (ce qui peut bien sûr être critiqué), ne les blessent que très rarement, accidentellement, et ne les tuent jamais. Ces taureaux meurent de vieillesse (vers 20 ans), ce qui n’est absolument pas le cas des taureaux ou veaux envoyés aux corridas (âge maximum 5 ans).

Précisons que la population de Saint-Martin-de-Crau est en grande partie d’origine lorraine, suite à l’arrivée en masse de Lorrains au site Solmer à Fos. Rien à voir avec une quelconque influence espagnole, de près ou de loin.

Or, cette “feria di pichoun” est organisée par le Club Taurin La Unica qui a introduit graduellement dans cette fête la tauromachie espagnole comme si elle faisait partie intégrante de la culture locale.

On voit bien là, la mise en œuvre d’une stratégie de collusion souvent dénoncée par les associations anticorrida : celle de l’infection d’une culture locale moins grave que celle, importée de force, qui est basée sur des spectacles de souffrance et de mort. C’est cela qui doit être dénoncé bien au-delà du cercle des militants anticorrida et qui doit être rejeté par les habitants de Saint-Martin-de-Crau, anciens Lorrains pour la plupart, désormais contaminés par une sinistre tradition espagnole qui glorifie le supplice de bovins donné en spectacle.

La présentation de la “feria di pichoun” sur le site de la mairie est guillerette, ne parlant que de jeux et de bonne humeur pour les enfants de moins de 14 ans. Un extrait :

C’est ainsi que, dans une ambiance conviviale incomparable, les rues de la ville et les arènes deviennent le théâtre d’une joyeuse effervescence : défilés, spectacles, encierros avec des carretoun, initiations à la course camarguaise et à la tauromachie espagnole, balades à poney… En toute simplicité, les enfants participent également à de nombreux jeux populaires d’antan. Pour les amuser, quelques pommes, des seaux d’eau, des quilles, des cerceaux, ou même des bouts de ficelles font l’affaire ! Avec trois fois rien, ils s’en donnent à coeur joie !

La réalité, c’est qu’ils vont être endoctrinés par des “initiations à la tauromachie espagnole sous couvert de “transmettre ce précieux héritage aux générations futures“. Sauf que cet héritage est fallacieux, puisqu’il n’a rien à voir avec la culture bien réelle de la Camargue et de la Crau, qui sert désormais de simple prétexte pour exposer ces enfants et jeunes adolescents à la cruauté mortifère des corridas espagnoles.

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