Le renouvellement de la gestion des arènes d’Arles par Jalabert annulé par le tribunal administratif

A force de vouloir tout le temps ignorer la loi et la réglementation en vigueur, on finit par se faire baffer par un juge. Car oui, même à Arles, même dans le sacro-saint sanctuaire organisé autour de Jean-Baptiste Jalabert par la municipalité et les aficionados locaux au point que tout le monde avait fini par penser qu’il suffisait de s’arranger en petit comité pour le plus grand profit de l’héritier Jalabert, hé bien oui, le droit s’applique. Ce qui veut dire que ceux qui trichent se font remonter les bretelles et se couvrent de ridicule aux yeux de leurs concitoyens jusque là béats de dégoulinante adoration pour leur demi-dieu qui se croyait intouchable. Et qui trébuche comme un vulgaire justiciable.

Petit rappel des faits : à Arles, les corridas sont organisées en délégation de service public (DSP), autrement dit confiées à une entreprise privée. Par délibération du 28 novembre 2018, le conseil municipal s’était prononcé pour confier la concession sur l’exploitation des arènes à Jean-Baptiste Jalabert, seul candidat à remplir toutes les conditions requises, taillées sur mesure pour lui. Problème : d’autres organisateurs de corridas ont saisi le tribunal administratif (TA), estimant que la commune d’Arles a manqué à ses obligations de mise en concurrence (traduction : les dés étaient pipés).

Les plaignants sont les sociétés LDS Concept (Marie-Pierre Callet, ancienne torera), Kika (Marie Sara) et Toroemocion (Alberto Garcia, qui gère déjà les arènes espagnoles de Vista Alegre, Teruel, Burgos et Iscar). Le TA leur a donné raison, estimant que “la commune d’Arles a manqué à ses obligations de mise en concurrence et que ce manquement a lésé leurs intérêts“. On ne va pas dire qu’on se réjouit pour l’éventuel “vainqueur” qui remportera la gestion des arènes, il s’agira dans tous les cas d’une entreprise qui organisera des spectacles de torture animale. En revanche, il nous est agréable de voir le petit Jalabert et la mairie d’Arles trébucher piteusement pour avoir tenté de faire passer un appel d’offres taillé sur mesure pour que seul Jalabert puisse l’emporter – ce qui est bien sûr illégal. S’il faut respecter la loi, maintenant, ça va devenir compliqué pour les petits seigneurs (ou plutôt saigneurs) qui se croient tout permis.

Remarquez, il est quand même possible que ce soit Jalabert qui l’emporte en bout de course. Les personnes qui vont voter pour départager les concurrents sont exactement les mêmes que lorsqu’il n’y avait qu’un seul candidat. On prend les paris ?

Roger Lahana

Décryptage

Le conseil municipal avait pourtant verrouillé au maximum pour que ce soit Jean-Baptiste Jalabert qui emporte les arènes : la justice estime en effet que les sociétés qui ont souhaité candidater ont été dissuadées de se présenter car la Ville d’Arles leur demandait « une liste de références… » dont « au moins une arène de première catégorie ».

La justice analyse que « les trois sociétés requérantes, dont les gérants sont des professionnels de la tauromachie, sont toutes trois spécialisées dans l’organisation de spectacles tauromachiques. » et de citer en exemple une société « qui est ainsi admise à négocier dans le cadre de la procédure de passation de la concession des arènes de Nîmes. » !

Et d’enfoncer « Il résulte de ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que la commune d’Arles a manqué à ses obligations de mise en concurrence et que ce manquement a lésé leurs intérêts. »

Le tribunal administratif de Marseille a ainsi ordonné le 14 juin l’annulation de la procédure de passation de la concession portant sur l’exploitation des arènes d’Arles et le versement de 2000 euros à chaque société ayant porté ce recours.

Une situation bien embarrassante pour David Grzyb, Nicolas Koukas et Cyril Juglaret, les trois élus candidats aux prochaines municipales La ville a été condamnée à 6000 €. Les Arlésiens – qui rappelons-le, vivent dans une ville sale, avec des places de parking et taxes de séjour exorbitantes pour les touristes – n’ont aucun spectacle autre que tauromachique dans les arènes comme à Nîmes car les Jalabert refusent, qui n’ont pas d’emplois créés, des chaussées avec des nids de flamants dans les hameaux, vont encore devoir payer, ou bien le conseil municipal va-t-il le sortir de sa poche personnelle ?

Texte vu sur le site de la ville d’Arles