Violences humaines dans les arènes, ça ne date pas d’hier

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Tout le monde ici a en tête le lynchage qui s’est produit à Rodilhan le 8 octobre 2011 : des militants pacifiques se sont assis et enchaînés sur le sable de la piste, des dizaines d’aficionados furieux sont venus les frapper violemment, pendant une demi-heure, maire en tête. Quinze des agresseurs ont été condamnés définitivement au bout d’une procédure de plus de quatre ans, deux autres ont fait appel. Des violences analogues se sont également produites avant cette date et après, en diverses autres occasions, nous en avons souvent parlé.

dsc09870bUn numéro du Petit Journal daté du 20 août 1911 apporte une démonstration que de tels dérapages à l’encontre d’êtres humains font partie intégrante de la culture compulsive des aficionados depuis plus d’un siècle. Même quand il n’y a pas d’anticorrida présents pour déclencher leur fureur imbécile.

Lors d’une corrida qui se tenait près de Lisbonne, les spectateurs trouvèrent que les toreros n’étaient pas assez bons à leurs yeux. Ils ont donc décidé de descendre sur le sable pour les passer à tabac.

Même entre eux, ils sont admirables de retenue et de self-contrôle, ces grands amateurs raffinés d’art et de culture torturomachiques.

Mais ce n’est pas tout. Les aficionados ont même tenté de mettre le feu aux gradins, alors que ces idiots étaient encore à l’intérieur (serait-ce de là que vient le slogan « les arènes en feu, les afiocs au milieu » ? Ah les sales petits terroristes ! J’espère que Viard ne va pas les louper quand il va apprendre ça). Le directeur de l’arène a fait alors lâcher les taureaux pour séparer les abrutis qui frappaient sur des crétins (et réciproquement).

Un siècle plus tard, le public a aussi scandé « Lâchez les taureaux » à Rodilhan. Finalement, ils n’ont pas été lâchés, mais l’intention y était. Comme cela a aussi été le cas à Maubourguet et ailleurs.

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La corrida, c’est vraiment de la sale vieille tradition profondément ancrée dans tous ses détails. Ça, c’est de la culture bien rance avec des vraies racines. Celles de la violence, de la haine, de la bêtise, de la mort.

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