Villes de sang

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Une jurisprudence laxiste a permis d’étendre en 2001 la zone tauromachique à 12 départements

Les courses de taureaux (traduction en français du mot corrida) constituent un délit selon le Code pénal, mais les délinquants qui le commettent sont protégés par une immunité de peine dans douze départements du sud de la France où elles sont toujours pratiquées. N’importe quelle commune de ces départements peut ainsi décider d’organiser des corridas. L’expression « villes de sang » pour les désigner remonte aux années 1980.

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La liste des départements où la corrida n’est pas poursuivie a été définie par une décision de la Cour d’appel de Toulouse en 2000, confirmée en cassation en 2001, qui a considéré que cela s’appliquait à un ensemble géographique et non à des communes spécifiques :

« Attendu qu’il ne saurait être contesté que dans le midi de la France entre le pays d’Arles et le pays basque, entre garrigue et méditerranée, entre Pyrénées et Garonne, en Provence, Languedoc, Catalogne, Gascogne, Landes et Pays Basque existe une forte tradition taurine qui se manifeste par l’organisation de spectacles complets de corridas de manière régulière dans les grandes places bénéficiant de structures adaptées permanentes et de manière plus épisodique dans les petites places à l’occasion notamment de fêtes locales ou votives ;

Attendu que la seule absence ou la disparition d’arènes en dur qui peut résulter de circonstances diverses ne peut donc être considérée comme la preuve évidente de la disparition d’une tradition qui se manifeste aussi par la vie de clubs taurins locaux, l’organisation de manifestations artistiques et culturelles autour de la corrida et le déplacement organisé ou non des « aficionados » locaux vers les places actives voisines ou plus éloignées ;

Attendu que le maintien de la tradition doit s’apprécier dans le cadre d’un ensemble démographique  »

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En France, de février à novembre se tiennent tous les ans, dans 65 villes du sud du pays, plus d’une centaine de spectacles de tortures suivies de mises à mort de veaux (becerros, âgés d’environ 1 an), de taurillons (novillos, âgés de 2 à 3 ans) ou de taureaux (âgés de 4 à 5 ans en général).

Ces ruminants victimes des corridas, qui ne sont les prédateurs d’aucune espèce animale, humains compris, et qui pourraient vivre jusqu’à vingt ou vingt-cinq ans, sont tous atrocement suppliciés selon un rituel codifié à coups de lances (piques) et de harpons (banderilles) causant des hémorragies massives, avant d’être transpercés à l’épée par un matador (mot signifiant tueur en espagnol), puis achevés par un individu qui leur plante de façon répétée un poignard (puntilla) dans le bulbe rachidien. Le jargon hispanisant en vigueur, qui rappelle que ces horreurs sont une tradition espagnole et non française, les nomme des becerradas, des novilladas ou des corridas suivant l’âge des victimes massacrées.

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L’industrie de la tauromachie est, de plus, largement déficitaire partout et ne subsiste que grâce à des malversations, des fraudes fiscales et des subventions versées par les communes, les réserves parlementaires, les régions ou l’Europe (160 millions d’euros par an au titre de la Politique Agricole Commune). Tous les Français y contribuent donc par leurs impôts.

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Texte et mise en forme cartographique : Roger Lahana
Photos par AVATMA, sauf la dernière par RL
Autres infos juridiques sur des sujets similaires : Association Animal Justice Droit (AJD)

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